vendredi 12 novembre 2010

# 007 : Chats noirs, chiens blancs, Vanna Vinci

Chats noirs, chiens blancs
Vanna Vinci

2010, Dargaud

T1. Réminiscences Parisiennes; T.2. Chemin faisant

L’italienne Vanna Vinci nous avait déjà conquis, il y a deux ans, avec son dyptique Sophia mêlant philosophie et occultisme sur fond de quète identitaire. Elle revient avec Chats noirs, Chiens blancs, une série en deux volumes qui nous plonge dans les errances de Gilla, une jeune italienne qui quitte tout pour venir à Paris faire ses études de photographie.

Dans Réminiscences parisiennes, le premier tome de la série, nous découvrions l’installation de Gilla à Paris, chez sa tante, beatnik de la première heure, sa rentrée en école de photographie et ses premieres rencontres amicales et amoureuses. En somme, le quotidien banal des jeunes femmes de son âge. A l’exception, que Gilla ne se contente pas de fréquenter les vivants… Quand visions du passé et fantômes parisiens s’invitent dans le quotidien de Gilla ; gare aux perturbations !

Avec Chemin faisant , Vanna Vinci nous dévoile une Gilla de plus en plus impliquée dans ses confrontations avec l’au delà. Rencontrant tour à tour, les fantomes de Zelda Fitzgerald et de la comtesse Luisa Casati, Gilla se détourne de plus en plus de la réalité pour plonger dans le passé cauchemardesque de ces femmes de pouvoir.

Au fil de ses rencontres ésotériques, l’héroine nous entraîne dans une ballade romantique et macabre à travers un Paris entre passé et présent. Si l’auteur a cette fois-ci recours à la couleur, l’univers de Chats noirs, chiens Blancs demeure très noir à l’image de Sophia. On retrouve également les thèmes chers à l’auteur que sont la quète identitaire, le poids des souvenirs et l’occultisme.

C'était une critique de Lulu La Belge ... <3

Vous pouvez cliquez sur les images pour les agrandir ...

lundi 1 novembre 2010

# 006 : Transat, Aude Picault

Transat
Aude Picault
2009, Delcourt

"Il paraît que pour s'épanouir, l'individu a besoin de transcender sa modeste existence à travers un idéal, un "grand tout". Moi, je me transcende dans le fourre-tout de la communication visuelle. J'alimente l'immense fleuve d'images inutiles et superficielles, et ça ne m'épanouit du tout."
Aude Picault, Transat, planche 38


Devenir adulte, voilà ce que cherche Aude Picault. Graphiste dans une boîte de communication, cette jeune parisienne de presque 30 ans tourne en rond, que ce soit dans sa vie professionnelle ou dans sa vie affective et amicale. Les sorties branchouilles, la frénésie de la capitale, tout ça a fini par la dépasser. Elle évolue de moins en moins bien dans le microcosme de la communication et se sent en décalage avec les personnes qui l'entourent. Elle passe pour une fille pas drôle et râleuse, mais elle fini pas ne plus y accorder d'importance. Car sa vie va prendre un tournant inattendu.

Traverser l'Atlantique à la voile !
Voici le défit qu'elle veut réaliser, pour se prouver qu'elle peut
faire autre chose que dessiner des gamines avec des tresses pour une marque de céréales. Elle embarque donc sur le Darwin Sound, un voilier de 22m de long, avec un équipage de skippeurs aguerris. Du Cap Vert à Saint Barthélémy, "rien d'autre à perte de vue que l'Océan!". Grâce à un trait fin et aéré, Aude Picault nous fait partager son aventure, ses impressions, et nous envoute avec son humour attendrissant.

Cette BD autobiographique parlera à certains, pas à d'autres. Ceux qui se complaisent dans une vie agitée, moderne et frénétique, n'y verront qu'une fille qui se plaint d'une existence qui n'est pas si mal. Les autres y verront la belle histoire d'une femme qui a peur de rater sa vie et qui va finalement comprendre que pour être heureuse, il faut de vivre tel qu'on l'entend.


Chronique BD de Pénélope dédiée à
Transat sur madmoizelle.com

dimanche 17 octobre 2010

# 005 : Le photographe, Guilbert, Lefèvre, Lemercier

Le Photographe
Guilbert, Lefèvre, Lemercier
2006, Dupuis collection "Air Libre"
Série en 3 tomes

"Quand un reporter photographe rentre de mission dans un pays en guerre, il ramène des centaines de photos et autant d'anecdotes. Sur ces centaines de photos, quelques dizaines sont tirées, quatre ou cinq sont vendues à la presse, et le reste, sous forme de planches-contact, échoue dans des boîtes. Le photographe, s'il aime raconter, raconte les anecdotes à ses proches. Puis le temps passe, d'autres missions, d'autres photos et d'autres anecdotes chassent les premières, et la mémoire, elle aussi, les met en boîte. Voilà comment s'endorme les histoires. Le nombre de belles histoires au bois dormant est infini. La bande dessinée est un des moyens de les réveiller."
Emmanuel Guilbert sur lephotographe.dupuis.com

L'Afghanistan, un pays dont on entend souvent parler mais que l'on connait au fond assez peu. Un pays où se suivent les guerres, les convois humanitaires et les photographes. Didier Lefèvre est l'un d'entre eux. Il part en Afghanistan en juillet 1986, en pleine guerre entre les soviétiques et les Moudjahidin. Là-bas, il accompagne une équipe de Médecins Sans Frontières pour un reportage qui s'attachera à montrer comment ces personnes réparent ce que les autres détruisent. A son retour, Didier Lefèvre raconte à Emmanuel Guilbert (auteur de BD) son voyage. Associés à Frédéric Lemercier pour la couleur, ils créent Le Photographe.

La particularité de cette BD, c'est donc le mélange de la photographie et du dessin. Les planches contact deviennent des cases, voire
des pages entières. Les dessins créent des personnages et au final, on peut dire que chaque art sert l'autre. Tout se suit avec harmonie et au bout de quelques planches, on ne fait plus attention, le mélange paraît normal, on ne se pose plus la question de savoir si c'est pertinent. Loin d'être un patchwork de photos et de dessins juxtaposés en essayant de donner un semblant de naturel, cette bande dessinée est le fruit d'une longue réflexion entre un dessinateur et un photographe pour élaborer un scénario qui tient vraiment bien la route.

On peut commencer par lire cette BD comme un documentaire sur l'Afghanistan, ensuite on la prend plus comme un journal de bord. On finit par la lire comme une histoire tellement la suite des événements relève de la fiction. Mais à chaque fois que vous oubliez que tout cela est réel, une planche, une photo, une réplique vous rappelle que ces événements se sont bel et bien produits, que ces personnes existent. Le Photographe est une de ces Bandes-Dessinées qui marquent.

Pour en savoir plus sur les auteurs, le reportage ou encore l'élaboration de cette BD : http://lephotographe.dupuis.com/



mardi 12 octobre 2010

# 004 : "Dessinez-vous les uns les autres"

Cours d'arts plastiques du 7 octobre 2010 - "Dessinez-vous les uns les autres".
Ajout de contraintes au fur et à mesure du cours : interdiction de la gomme, limite de temps, ...
^^ (oui, nous sommes des sadiques au pôle artpla)


lulu la belge, concentrée ...

samedi 2 octobre 2010

# 003 : Joséphine 3 "Change de Camp", Pénélope Bagieu

Joséphine 3 : Change de Camp
Pénélope Bagieu
2010, Jean-Claude Gawsewitch

"'J'ai moins de plaisir à dessiner des hommes, car il y a moins de petits détails dans l'habillement ou les accessoires. Dessiner, c'est comme jouer à la Barbie : on préfère toujours jouer avec Barbie qu'avec Ken ! "
Pénélope Bagieu, interview sur livre.ados.fr

Il est rare aujourd'hui de voir des auteurs qui créent des BD avec des tomes en série. Finies les épopées de Blueberry et ses 28 volumes, Astérix et ses 33 opus, ... on connaît à présent des suites de 2-3-4 tomes ou des "one-shots", comme diraient ces abru... hum ... les représentants de Procter & Gamble. Pour Joséphine, ce sera une trilogie : "Joséphine", "Même pas mal" et enfin, le petit dernier "Change de camp". "Oooooooh non mais c'est pas possible z'en voulait encore du Zoséphine moiiiiii !!" ... et oui les filles, c'est fini, soyez fortes.

On retrouve notre loseuse préférée, contrôleuse de gestion, nulle avec les hommes, vivant avec son chat Bradpitt, et qui a un gros cul. Mais cette fois-ci, Joséphine n'est plus seule...Va-t-elle réussir à s'en sortir avec son compagnon (aussi velu que son chat) ? Arrêtera-t-elle d'être psychotique avec les hommes ? Il vaut mieux vous laisser la surprise de l'intrigue, on ne voudrait pas gâcher votre plaisir.

Du plaisir, vous en aurez avec l'humour qui émane de chacune des planches. Garçon ou fille, on se reconnaît au moins une fois (la forte présence d'un homme dans la vie de Joséphine fait que le tome 3 parle plus aux hommes que les albums précédents). Vous en aurez également grâce aux dessins de Pénélope Bagieu qui, au fur et à mesure, arrivent à maturité, tout comme le personnage. Les couleurs sont géniales et créent une véritable ambiance pour chaque scène.

Profitez donc de votre prochain passage en librairie pour feuilleter Joséphine 3. Comme les autres il se dévore debout, accoudé au présentoir du magasin, en compagnie des autres tarés qui n'ont pu détacher les yeux des dernières aventures de Jojo, et cela dès la première planche ...

Interview de Pénélope Bagieu lors de la sortie du premier tome de Joséphine en 2008 sur madmoizelle.tv
Mais aussi "La chronique BD de Pénélope"
Son blog :
Ma vie est tout à fait fascinante